Quand je parle de location immobilière, le DPE revient toujours dans la discussion, et pour de bonnes raisons. Ce diagnostic renseigne sur la consommation d’énergie d’un logement, son impact climatique et, depuis plusieurs années, sur la possibilité même d’augmenter le loyer. Pour un propriétaire comme pour un locataire, connaître les règles liées au DPE évite bien des erreurs et sécurise la relation locative.
Au sommaire :
Pour louer en conformité et conserver la possibilité d’ajuster le loyer, assurez-vous d’un DPE à jour et d’une stratégie de rénovation ciblée que je peux vous aider à prioriser.
- Vérifiez la validité du DPE (10 ans) avant toute mise en location ou révision : sans document à jour, vous ne pouvez pas augmenter le loyer.
- Si le logement est classé F ou G, le loyer est gelé (révision, renouvellement et remise en location) ; anticipez des travaux pour sortir de cette catégorie.
- Priorisez l’enveloppe et le chauffage : isolation des combles, remplacement des menuiseries et une chaudière performante ou pompe à chaleur offrent le meilleur retour sur le DPE.
- Annexez le DPE au bail et indiquez clairement en annonce les logements à forte consommation (obligation depuis 2022) pour sécuriser vos locations et éviter les litiges.
Comprendre le DPE et sa portée sur les loyers
Le Diagnostic de Performance Énergétique, ou DPE, est un document obligatoire qui classe un logement de A, pour les biens les plus économes, à G, pour les plus énergivores. Cette note s’appuie sur la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. En pratique, elle donne une image assez claire de la qualité énergétique d’un bien.
Sa durée de validité est de 10 ans à compter de sa réalisation, sauf si des travaux importants modifient la performance du logement. Dans ce cas, un nouveau diagnostic doit être établi. C’est un point à surveiller, car un DPE trop ancien peut fausser l’analyse du bien et compliquer la gestion locative.
On parle de passoire thermique lorsqu’un logement est classé F ou G au DPE. Ce type de bien consomme beaucoup d’énergie et subit désormais un encadrement plus strict. Dans le cadre d’une location, le DPE sert à informer le locataire, mais aussi à vérifier si le logement respecte les critères de décence imposés par la loi.
Pour le marché locatif, le DPE n’est donc pas un simple papier technique. Il influence directement la capacité du bailleur à louer, à réviser le loyer et à envisager la remise en location. En Bretagne comme ailleurs, je constate que beaucoup de propriétaires découvrent tardivement l’ampleur de ces règles.
Le gel des loyers pour les logements classés F ou G : ce que dit la loi
Depuis le 24 août 2022, la loi interdit toute augmentation de loyer pour les logements classés F ou G au DPE dans le parc privé. Cette règle s’applique sans distinction à la révision annuelle pendant le bail, au renouvellement du contrat et à la remise en location. Autrement dit, un logement énergivore ne peut plus voir son loyer progresser tant qu’il reste dans cette catégorie.
Cette interdiction concerne les baux vides comme les baux meublés, en zone tendue comme hors zone tendue. Le niveau de loyer pratiqué sur le marché local ne change rien à l’affaire. Même si le loyer paraît bas au regard des prix du secteur, aucune hausse n’est autorisée si le logement reste classé F ou G.
Il faut aussi intégrer une évolution majeure du calendrier. Depuis le 1er janvier 2025, la location d’un logement classé G ne répond plus aux critères de décence prévus par la loi du 6 juillet 1989. Cela signifie qu’un logement très énergivore ne se traite plus seulement comme un bien peu performant, mais comme un bien juridiquement fragilisé.
Les exceptions existent, mais elles restent limitées. Le gel des loyers ne vise pas les baux mobilité, ni les locations saisonnières à vocation touristique. Pour les autres résidences principales, en revanche, la règle est claire et doit être respectée strictement.
Les situations couvertes par le gel
Dans la pratique, le blocage touche tous les moments de vie du bail. Une révision annuelle ne peut pas être appliquée si le DPE affiche F ou G. Un renouvellement de bail n’autorise pas davantage une hausse. Une nouvelle mise en location ne permet pas non plus de dépasser les contraintes légales.
Le point de vigilance est simple, mais souvent mal compris. Le propriétaire ne peut pas contourner le gel en changeant seulement le contexte de location. Tant que le logement reste classé F ou G, l’augmentation est interdite.
Les exceptions à connaître
Les baux mobilité sont exclus du dispositif, ce qui concerne certains profils locatifs temporaires. Les meublés de tourisme et les locations saisonnières à finalité touristique sont eux aussi hors champ. Cette distinction est importante, car tous les contrats ne relèvent pas du même régime juridique.
En revanche, dès qu’il s’agit d’une résidence principale vide ou meublée, le gel s’applique. Le statut du bail compte donc autant que la classe énergétique du logement.
Le tableau ci-dessous résume les principaux jalons réglementaires à retenir.
| Date | Mesure | Logements concernés |
|---|---|---|
| 24 août 2022 | Gel des loyers pour les classes F et G | Locations privées, bail vide ou meublé |
| 1er janvier 2023 | Interdiction de louer les logements G à plus de 450 kWh/m²/an | Passoires thermiques les plus énergivores |
| 1er janvier 2025 | Interdiction de location des logements G | Nouveaux baux et reconductions tacites |
| 1er janvier 2028 | Extension de l’interdiction aux logements F | Nouveaux baux et renouvellements |
| 1er janvier 2034 | Seuls les logements A à D resteront louables | Parc locatif métropolitain |
DPE périmé et augmentation de loyer : implications et obligations
Un DPE périmé ne permet pas légalement d’augmenter le loyer. Lorsqu’un diagnostic a dépassé sa durée de validité de 10 ans, le propriétaire doit faire établir un nouveau DPE avant toute révision ou toute signature de bail. Sans document à jour, aucune hausse ne peut être demandée.
Cette exigence vaut aussi bien lors de la mise en location que pendant l’exécution du bail. Si le DPE n’est plus valable, le bailleur ne peut pas s’appuyer dessus pour justifier une augmentation. Il doit d’abord régulariser la situation, puis joindre le nouveau diagnostic au contrat.
Le risque n’est pas seulement administratif. Un DPE expiré peut masquer une réalité défavorable, par exemple un classement F ou G qui bloque l’augmentation du loyer. Dans ce cas, la responsabilité du bailleur peut être engagée s’il a communiqué des informations inexactes ou incomplètes.
En clair, un DPE à jour protège les deux parties. Il évite au locataire de subir une hausse injustifiée et permet au propriétaire de s’appuyer sur une base conforme pour gérer son bien.

Calendrier d’interdiction de location et seuils réglementaires
Le cadre légal ne se limite pas au gel des loyers. Il organise aussi un calendrier progressif d’interdiction de location pour les logements les plus énergivores. Cette montée en puissance traduit une volonté de faire sortir du marché les biens les plus mal classés, puis de pousser à la rénovation du parc locatif.
Depuis le 1er janvier 2023, un logement classé G consommant plus de 450 kWh/m²/an ne peut déjà plus être loué. À partir du 1er janvier 2025, tous les logements classés G sont concernés pour les nouveaux baux et les reconductions tacites. Ensuite, l’interdiction s’étend aux logements F au 1er janvier 2028.
Le mouvement se poursuit jusqu’en 2034, année à partir de laquelle seuls les logements classés A à D pourront continuer à être loués. En métropole, tout logement devra alors afficher une performance comprise entre A et F dès 2025 pour rester dans les clous de la décence énergétique.
En Outre-mer, le calendrier est spécifique. Le gel des loyers et l’interdiction de location des logements F et G s’appliquent depuis le 1er juillet 2024. Là encore, le but est de rapprocher progressivement l’offre locative des exigences de performance énergétique.
Obligations du propriétaire et démarches à respecter
Le propriétaire doit remettre une copie du DPE valide lors de la signature du bail. Ce document doit être annexé au contrat de location. Cette formalité n’est pas secondaire, car elle conditionne la transparence de la relation locative et la conformité du dossier.
Depuis le 1er janvier 2022, toute annonce de location concernant un logement classé F ou G doit aussi comporter une mention lisible indiquant qu’il s’agit d’un logement à consommation énergétique excessive. La taille du texte doit être suffisante pour être immédiatement visible par le candidat locataire.
Si le propriétaire veut continuer à louer son bien et, à terme, retrouver la possibilité d’ajuster le loyer, il doit engager des travaux d’amélioration énergétique. Isolation, changement du système de chauffage, pose de double vitrage, chaque intervention peut aider à remonter la classe DPE.
Des aides à la rénovation énergétique peuvent aider à financer ces travaux.
Ces obligations s’appliquent aux locations vides comme aux meublées, dès lors qu’il s’agit d’une résidence principale. Le message de la loi est net : sans amélioration énergétique, la liberté de fixation du loyer se réduit fortement.
Les travaux qui peuvent changer la donne
Les travaux les plus efficaces portent souvent sur l’enveloppe du logement. Une meilleure isolation des combles, des murs ou des planchers bas réduit les déperditions et améliore le confort. Le remplacement des menuiseries anciennes peut aussi peser dans le diagnostic final.
Le système de chauffage compte également beaucoup. Une chaudière plus performante, une pompe à chaleur ou une régulation mieux réglée peuvent faire gagner des points précieux. Le propriétaire qui anticipe ces évolutions sécurise plus facilement la location de son bien. Certaines interventions permettent d’améliorer le DPE sans gros travaux.
Sanctions et recours en cas de non-respect
Augmenter le loyer d’un logement classé F ou G, ou le faire avec un DPE périmé, expose le bailleur à des conséquences financières. Il peut être contraint de rembourser au locataire les sommes trop perçues. Une amende administrative peut également être prononcée par l’administration.
Lors d’une nouvelle location, un logement F ou G ne peut pas être proposé à un loyer supérieur au dernier loyer appliqué au précédent locataire. Cette règle limite les hausses opportunistes et évite qu’un changement de preneur serve à contourner le gel.
Du côté du locataire, il est donc utile de vérifier la classe énergétique du bien avant de signer ou de renouveler un bail. Une simple négligence sur le DPE peut déboucher sur un litige évitable.
Erreurs fréquentes et points de vigilance pour les propriétaires et locataires
L’erreur la plus courante consiste à croire que la révision annuelle du loyer reste possible pour un logement classé F ou G. Ce n’est pas le cas. Le gel bloque aussi bien les révisions que les renouvellements et les nouvelles locations.
Autre idée fausse, penser que la mesure ne concerne que les zones tendues. En réalité, elle s’applique aussi hors zone tendue, dès lors que le bien entre dans le champ de la réglementation. Le statut géographique ne permet pas d’y échapper.
Je vois également des propriétaires croire qu’une augmentation est envisageable au renouvellement si le locataire accepte. Là encore, la loi interdit ce mécanisme pour les biens F ou G. L’accord des parties ne suffit pas à neutraliser une règle d’ordre public.
Enfin, fournir un DPE non à jour ou incomplet peut masquer une non-conformité plus grave qu’il n’y paraît. Pour éviter tout litige, il vaut mieux partir d’un diagnostic valide, cohérent et correctement annexé au bail.
En matière de location, le DPE n’est plus un simple indicateur technique, il conditionne désormais la gestion du loyer, la décence du logement et la sécurité juridique du bailleur comme du locataire.




